NOUS SOMMES TOUS CHARLIE, BOUDHISTE, CHRETIEN, JUIF,

LAIC, MUSULMAN ET GARDIEN DE LA PAIX !

Lundi 12 janvier 2015

Du 7 janvier au 11 janvier 2015, nous sommes passés de l’horreur au malheur puis à la chaleur humaine dans une formidable « communion » républicaine !

Comme partout en France, les Triellois ont répondu NON au terrorisme, à la barbarie et au racisme. Je suis heureux d’avoir pu participer dans notre ville à cette mobilisation exceptionnelle qui montre combien le respect des valeurs de la République n’est pas un vain mot. Samedi soir, les Triellois sont descendus dans la rue pour montrer clairement leur refus de l’intégrisme, du totalitarisme et de l’obscurantisme. Ils ont montré – messages à l’appui – leur attachement profond à la liberté d’expression et aux principes de laïcité. Nous pouvons tous en être fiers.

Merci aux 1000 « manifestants » et peut-être plus qui ont donné une bien belle image de LIBERTE de pensée et de parole, d’EGALITE devant la douleur et de FRATERNITE retrouvée face à l’adversité.

Hier, à Paris, beaucoup de Triellois étaient également présents pour nourrir les rangs compacts des centaines de milliers de militants de la PAIX qui se réchauffaient les uns contre les autres plus qu’ils ne marchaient, tant la foule était immense. Il nous a fallu plus de deux heures pour aller des Grands Boulevards à République…Quel bonheur de voir tous ces gens, des très jeunes jusqu’aux très âgés, participant parfois à leur première manifestation et criant OUI à la liberté, à la tolérance et à la solidarité !

ET MAINTENANT, QU’ALLONS-NOUS FAIRE ?

Cette question légitime est dans tous les esprits. Comment les responsables de nos démocraties vont-ils trouver les réponses adaptées aux défis qui nous attendent ? Devant cette crise mondiale, comment les nations vont-elles s’unir enfin ?

Après les attentats parisiens, d’autres sont malheureusement à redouter et les récents développements du terrorisme de boko haram au Niger nous montrent que ces fous de mort ne respectent rien : la bombe était portée par une fillette de dix ans…

Comment les citoyens, à tous les niveaux, vont-ils agir concrètement pour changer la vie ? Comment la vigilance indispensable peut-elle ne pas se transformer en suspicion, puis en rejet ?

Comment peut-on prendre notre part, dans notre commune de Triel, à ce vaste chantier ?

Il revient bien sûr aux représentants de la population de réfléchir aux actions qui peuvent être menées et de définir des priorités.

Il faut tout d’abord être conscient et heureux de la situation privilégiée que nous connaissons, avec des préoccupations de ville quasi dortoir, sans quartier sensible ni réseau d’éducation prioritaire. Mais cela ne doit pas nous conduire à rester à l’écart de la prise de conscience et à ne rien faire.

Car il appartient aussi aux citoyens de s’investir pour permettre la réalisation de progrès dans le « vivre ensemble ».

Vis-à-vis des plus jeunes, le bénévolat s’exerce déjà dans le domaine du soutien scolaire et de l’intégration grâce aux activités sportives ou culturelles proposées par les associations et les structures municipales. Il faut certainement encore faire mieux. Mais que proposons-nous réellement aux plus grands, qui ne sont pas attirés par les activités de la Maison des Jeunes ? Comment éviter que ces jeunes adultes ne sombrent dans une oisiveté néfaste ? Comment leur permettre de ne pas grossir les rangs  des exclus de l’emploi ? Vaste programme….

Le logement doit aussi constituer une priorité, car les conditions de vie sont primordiales pour les enfants, surtout ceux issus de milieu très modeste ou de minorités immigrées. Depuis plusieurs années, les nouveaux logements construits à Triel l’ont été pour des ménages qualifiés d’ « intermédiaires » alors que la demande la plus forte concerne les logements d’insertion, bénéficiant des loyers les plus abordables. En complément des programmes locatifs aidés en projet depuis trop longtemps et toujours pas sortis de terre, il faut réhabiliter les logements insalubres ou hors normes en mettant en place une opération « programmée » d’amélioration de l’habitat. C’était une promesse de campagne qu’il faut concrétiser, car comme toujours, ce sont les plus vulnérables qui vivent dans les plus mauvaises conditions…

Quant à l’animation culturelle, elle doit participer à l’ouverture de toutes les couches de la population vers l’ensemble des disciplines en respectant le principe cher à Jacques Chancel : «  Il ne faut se contenter de montrer au public ce qu’il aime, mais aussi lui proposer ce qu’il pourrait aimer.» Il est coutume de dire que les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Ici, en l’occurrence, chacun peut être partie prenante et se montrer plus attentif à l’autre, dans la vie de tous les jours. J’avais abordé de nombreux autres thèmes dans une réflexion précédente consacrée à la Citoyenneté.  Je persiste et signe.

Après ce séisme, la réflexion ne fait que commencer sur de nouvelles bases, comme le soulignent de nombreux commentateurs, il y aura un AVANT et un APRES. Et cela doit être – à nouveau – l’heure des bonnes résolutions.

Espérant apporter une contribution utile à la réflexion globale indispensable après cet évènement sidérant aux racines multiples, je reste à votre disposition pour échanger.

A bientôt…