POURQUOI LE CONSERVER ?

UNE GRANDE CHANCE POUR LES TRIELLOIS

Alors que toutes les villes soucieuses de leur cadre de vie développent les espaces verts et les équipements de loisirs, il est parfaitement incompréhensible que le maire sortant et son équipe majoritaire porte le projet de privatiser ce lieu exceptionnel au profit d'une opération de promotion immobilière de grand standing - c'est son discours - portant sur la construction de 130 appartements répartis en 5 ou 6 immeubles !

LE PARC MUNICIPAL, DERNIER TEMOIN DE L'HISTOIRE DU CHATEAU DE TRIEL...

Le Parc municipal est un haut-lieu de la vie citoyenne depuis plusieurs décennies. Grâce à la clairvoyance de la municipalité conduite par Louis MALASSIGNE, la propriété a été acquise en 1961 : site d’implantation du premier Foyer de Jeunes que pour beaucoup, les triellois ont fréquenté, son bâtiment principal, anciennement connu sous la dénomination de " VILLA LES TERRASSES " accueillait – jusqu’ici – les activités de nombreuses associations et le Bureau de Vote N°4. Il fut même Mairie-annexe.

L’implantation du TENNIS-CLUB-TRIEL (TCT) avec quatre courts, un mur d’entrainement et l’aménagement d’un Club-House complétait la totale utilisation du site. Cette « affectation » protégea  le lieu, qui était réputé chez les compétiteurs de toute la région pour sa superbe exposition, mais il lui donna aussi une image de « club privé » qui n’a certainement pas été sans influence sur la fréquentation du Parc par les non adeptes de la petite balle jaune ! A cela s’ajoutait un très maigre équipement de jeux d’enfants acceptés jusqu’à 6 ans !

Pourtant les 14000 m2 du Parc municipal participent pour beaucoup à l’image de TRIEL SUR SEINE, « Entre Seine et Ciel », car il y a peu d’endroit comme celui-ci dans la ville – accessible à tous – où l’on puisse se trouver aussi rapidement en communion avec la nature, à moins de 200 mètres de l’Eglise Classée et du centre-ville administratif et commercial.

Aussi, j'avais rappelé ces faits au Commissaire-Enquêteur, à la fin de l'enquête publique PLU, en ces termes :

"... je conteste formellement l’aliénation de cette propriété communale, patrimoine de grande qualité environnementale, constituée par ce qui reste du parc de l’ancien Château de Triel, demeure de la Princesse de Conti, devenu bien national et détruit à la Révolution. Le Parc Municipal (14.000 m2) était – de fait- « dédié » au Tennis Club de Triel auquel la municipalité propose de reconstruire les quatre courts auprès des deux couverts déjà présents au COSEC, et de construire un CLUB HOUSE neuf. Qui ne serait pas d’accord ? Je ne vois aucune objection à regrouper les tennis, mais je considère que cet espace public d’exception, du fait de sa topographie et de son emplacement dans le centre-ville doit être conservé et valorisé, au profit de tous les triellois et notamment des jeunes. La vente du terrain à un promoteur et la permission d’édifier – en modifiant le zonage – six collectifs pour 130 logements serait irréversible alors qu’il existe bien d’autres opportunités dans le tissus urbain pour réaliser les 40 logements aidés prévus (terrain RFF, 95 rue Paul Doumer, 5 Avenue de Poissy, etc.). Par ailleurs, la construction de six immeubles sur ce terrain en coteau comporte des risques d’instabilité et la sortie de 250 véhicules sur cette voie départementale étroite entraine des problèmes de sécurité."

UN ESPACE PUBLIC D'EXCEPTION

Depuis plus d'un demi-siècle, le Parc Municipal participe grandement à l'image positive de Triel-sur Seine en terme de cadre de vie et de protection de l'environnement. Sa surface, l'étagement de ses terrasses, son exposition très favorable à l'Ouest et sa vue imprenable sur la vallée de la Seine en font l'un des terrains les plus convoités de notre bassin de vie. Il n'est donc pas diffiicile de trouver un acquéreur pour y faire une opération "juteuse" mais irréversible pour la collectivité trielloise.

UNE VRAIE REPONSE A LA FUTURE DENSIFICATION DU CENTRE-VILLE

Le Parc Municipal est la seule enclave "publique" dans un secteur résidentiel, très recherché car très "protégé" par l'inscription du "site" des berges de la Seine.

C'est pour cette raison qu'il faut le conserver ouvert à tous les triellois, et notamment aux résidents du centre-ville, qui seront de plus en plus nombreux dans "l'hyper-centre", expression chère aux élus majoritaires...et qui traduit bien leur volonté d'urbanisation densifiée !

C'est surtout fondamental pour les jeunes, qui ne fréquentent pas tous la Maison déplacée dans l'enceinte du COSEC, aux Châtelaines. Avec ce choix très contestable, c'est toute une partie de notre jeunesse qui se trouve privée d'un espace convivial et d'activités permettant de ne pas les laisser à la rue.

QUE FAIRE AU PARC MUNICIPAL ?

C'est l'embarras du choix ! Cet espace public demeure d'abord le seul équipement permettant d'accueillir en plein air les familles résidentes en appartements qui seront demain de plus en plus nombreux dans le centre-ville.

L'espace peut être très convivial et multi-fonctionnel, avec un circuit de promenade très agréable, un espace de pique-nique et barbecue, des équipements de repos pour les moins alertes, un parcours sportif bien sécurisé pour les joggeurs(ses) solitaires, un plateau de jeux sportifs pour les ados, une aire de jeux créatifs pour les plus petits. Les zones d'activités différenciées sont aisées à mettre en place sur chacun des anciens courts de tennis.

Par ailleurs, la villa peut être réutilisée sur ses trois niveaux pour des activités associatives et peut-être pour un espace mixte de musée du Vieux Triel et d'expositions temporaires.

Enfin, une utilisation partielle du terrain de 14.000 m2 pour l'édification d'un équipement nouveau dédié à la petite enfance et/ou aux personnes âgées dépendantes peut permettre de conduire des projets innovants sans aliéner l'espace dont la majeure partie pourait rester "publique".

Ces propositions ne datent pas d'hier. Je les ai formulé au C.M. du 28 juin 2012, à propos de la proposition de déclassement du domaine public :

"... Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’exprimer, votre politique affichée va de plus condamner le site de la Place FOCH et de l’ex ESPACE JEUNES. Vous avez décidé de racheter l’ensemble de la propriété BAGROS (garage et box) pour y construire parkings et immeubles à l’angle de la rue du Pont, ainsi que sur le secteur formé par la rue Cadot, la berge de Seine et la rue de Seine, site archéologique médiéval inscrit.  Adieu aux espaces de « respiration » !

D’une façon générale, dans ce que vous appelez l’hyper centre, vous autoriserez avec le PLU révisé, une élévation de toutes les constructions à R+3+combles. Au fur et à mesure des transactions immobilières, c’est tout le caractère du « village » que vous avez vanté qui va disparaître. Comme vous le savez, la concentration la plus forte d’immeubles collectifs et d’appartements se trouve dans le centre-ville, entre la Seine et la voie ferrée. C’est cette population, souvent modeste qui a le plus besoin d’avoir à disposition des espaces publics ouverts, accessibles à pied, et bien équipés pour les enfants de tous âges.

Vous justifiez votre choix par l’obligation de répondre aux objectifs du PLH et de la loi SRU. Mais vous avez d’autres solutions ! Pourquoi, par exemple, n’avoir pas exercé votre droit de préemption sur la vente de l’immeuble situé 21 rue des Créneaux ? Vous pouviez aisément y réaliser un programme de rénovation-construction de plusieurs logements sociaux. Ce ne sera pas le cas de l’opération privée que vous avez laissé faire…

Je comprends parfaitement cette nécessité de réaliser des logements et surtout répondants aux barèmes de ressources du secteur aidé et j’y ai personnellement accordé beaucoup d’attention. Toutefois, il faut bien rappeler les règles : la commune compte aujourd’hui un peu plus de 9% de logements sociaux et il lui faut atteindre 20% en 2022 – SOIT DANS 10 ANS. C’est par un contrôle triennal que l’Etat suit la réalisation des objectifs des communes soumises à la pénalité financière.

Il faut donc construire modérément en  secteur privé et fournir l’effort sur les opérations de rénovation et transformer en logements aidés les logements « sociaux de fait » qui n’entrent pas dans le quota.  Et il faut subventionner la surcharge foncière des opérations « sociales » pour augmenter les droits de désignation et diminuer d’autant les pénalités financières. C’est possible. L’opération Parc municipal « rapporterait » certes  39 logements sociaux, mais à quel prix ?

CELUI DE LA DISPARITION DEFINITIVE DU SEUL ESPACE PUBLIC DE CENTRE-VILLE SUFFISAMMENT VASTE POUR Y REALISER UN TRES BEAU PROJET : LES IDEES NE MANQUERONT PAS :

Pourquoi pas votre Maison de l’Enfance dans cet endroit idyllique ? Et des jeux adaptés aux pré-ados et ados ? Et une Roseraie ? Et un espace de pique-nique ? Et des vignes, comme au Pecq ? Et des tables de tennis de table ? Et un mur d’escalade ? Et un jardin des « simples » comme au Musée du Jouet ? Voilà quelques thèmes et il y en a bien d’autres…

Le déplacement du TENNIS-CLUB peut être une CHANCE pour l’aménagement du Parc et c’est effectivement une meilleure fonctionnalité pour le Club ! A l’heure ou toutes les villes cherchent à faire revenir la nature dans la ville, avec création de jardins urbains, de squares, de parcs et d’agora, comme à Carrières-Sous-Poissy, d’une Promenade des Aulnes à Verneuil, du Parc de l’Oseraie aux Mureaux, du Parc des Biaunes à Chanteloup…

A l’heure où l’on crée de nouveaux espaces publics,  vous choisissez la solution de facilité en vendant un bien STRATEGIQUE ! Il est en effet plus FACILE de trouver un acquéreur pour un site remarquable plutôt que de rechercher le montage optimum qui sauvegarde tous les aspects de l’INTERET GENERAL.

Car il n’est pas exact que la création d’un nouveau cimetière, par exemple, ne soit pas éligible aux subventions. Un contrat départemental permet de financer TOUS les équipements publics, et cela en est un.

A ce stade de la réflexion, c’est affaire de choix. Fallait-il réaliser, en plus de l’accessibilité des personnes à mobilité réduite, une salle de commissions sur la terrasse de l’Hôtel de Ville ? Fallait-il financer aussi chèrement le rond-point d’entrée de ville ? Les exemples de dépenses « arbitrables »  sont multiples…

NOUS NE SOMMES PAS A VOTRE PLACE ET VOUS CLAMEZ QUE VOUS REALISEZ VOTRE PROGRAMME PUISQUE VOUS AVEZ ETE ELUS ;

JE NE SUIS PAS CERTAIN QUE CETTE ALIENATION IRREVERSIBLE  FIGURAIT DANS VOTRE PROGRAMME ET JE PENSE AU CONTRAIRE QUE VOUS GAGNERIEZ EN CREDIBILITE EN ORGANISANT UNE REELLE CONCERTATION SUR LE SUJET, ET DONC PAR L’ORGANISATION D’UN REFERENDUM D’INITIATIVE LOCALE ; LA DEMOCRATIE ET LES TRIELLOIS Y GAGNERAIENT AUSSI BEAUCOUP.

J’INVITE TOUTES CELLES ET CEUX QUI SONT SENSIBLES A CES ARGUMENTS QUE VOUS AVEZ ECOUTES ET J’ESPERE ENTENDUS, A REJETER COMME MOI LE PRINCIPE DE DECLASSEMENT DU DOMAINE PUBLIC DE LA COMMUNE."    

Malheureusement, le Maire n'est pas un champion de la concertation et aucune consultation sérieuse n'a eu lieu sur cet enjeu...    

 

Courrier du 23 octobre 2015 resté sans réponse :

 

 

Monsieur le Maire, 

Je viens de constater la fermeture du Parc Municipal, conformément à votre arrêté N° 2015 – 398 du 8 octobre dernier, affiché sur le site. 

La motivation de cet arrêté repose sur la « désaffection » des membres du Tennis Club de Triel ! Il est vrai qu’aujourd’hui, avec quatre nouveaux courts éclairés et un club house flambant neuf, il serait bien curieux qu’ils affectionnent encore ce lieu qu’ils ont pourtant plébiscité pendant tant d’années. 

Quoi que ? Une déclaration récente du Président du Tennis Club de Triel semblait teintée de regrets d’abandonner le lieu au profit d’une annexe du COSEC… 

Mais le problème n’est pas là ! Les adhérents du club local ne sont pas les seuls concernés ! 

Personnellement, j’affectionne particulièrement ce lieu chargé d’histoire et j’aime pouvoir m’y retrouver pour réfléchir, lire ou tout simplement jouir d’un paysage remarquable sur la vallée de la Seine. 

Les Triellois qui partagent la même « affection » pour ce site sont plus nombreux que vous le pensez. Ils l’on pratiqué sur le plan sportif, peut-être, mais aussi dans le cadre d’activités associatives,  en qualité d’électeurs du 4ème bureau ou tout simplement à l’occasion de promenades, avec ou sans les enfants. 

Comme vous le savez pertinemment, ayant été Président du Club de Tennis pendant plusieurs années, l’« affectation » de fait du Parc Municipal à une activité sportive lui a conféré un caractère « privé » d’ailleurs renforcé par le panneau  érigé en haut de la rampe d’accès qui invitait à passer son chemin si l’on n’était pas membre du CLUB auquel les installations étaient exclusivement réservées ! C’est ce que j’ai fait quand je suis entré la première fois dans le Parc en 1989, lors de notre installation à Triel-sur-Seine ! 

Ce parc, organisé en terrasses à cet endroit depuis plus de trois siècles, témoigne d’un style de vie et d’un cadre que nous devons préserver et valoriser au profit de tous les triellois et notamment de ceux qui sont les plus modestes et ne disposent pas de jardin privatif. 

Vos projets d’urbanisation du cœur de ville ne font que renforcer la nécessité de conserver des espaces verts publics, car vous ne pourrez plus disposer de surfaces équivalentes dans le cadre des futurs aménagements. 

A Triel-sur-Seine comme partout alentour, il est primordial de sauvegarder le caractère de la ville, et donc de protéger tout ce qui participe à son image et contribue à sa qualité de vie. Imaginerait-on la Ville de Poissy aliéner le Parc Meissonnier ?... La Ville de Conflans-Sainte-Honorine sacrifier le Parc du Prieuré et la Ville des Mureaux monnayer sans remords le Parc de l’Oseraie ? 

Depuis plusieurs années, vous avez construit votre réflexion sur une fausse bonne idée : celle de vendre un bien communal pour un bon prix et ainsi financer vos autres projets à moindre coût (ce qui est infirmé par la forte hausse des impôts locaux en 2015). 

Construire toujours plus est une exigence globale, du fait de l’augmentation de la population et de l’évolution des modes de vie, mais pas n’importe où et n’importe comment ! Depuis le premier Plan Local pour l’Habitat (PLH), des opportunités sont apparues et vous avez ou allez largement compenser sur d’autres opérations ce qui était « programmé » sur le Parc Municipal : anciens établissements Corbel, nouvel ensemble collectif Grande Rue de Pissefontaine,  anciens locaux Franprix, anciennes propriétés privées entre la rue du Docteur Sobaux et la rue des Créneaux… 

Au 246 rue Paul Doumer, le Parc Municipal offre des possibilités exceptionnelles pour aménager un « vrai » jardin public, en rentabilisant cet espace de 14.000 m2  et en accueillant sur le site un ou plusieurs équipements « publics » qui sont indispensables à la population : Maison de la Petite enfance ou crèche, Maison de Retraite « aux normes », Maison de Santé, nouvelle Médiathèque pour libérer le rez-de jardin de l’Espace Senet  au profit d’une Ecole de Danse qui serait dans le même bâtiment  que l’Ecole de Musique… 

Tous ces projets peuvent être finançables et subventionnés, de même que le véritable aménagement d’un jardin public, avec parcours sportif, terrain de jeux dédié aux adolescents, jardin « botanique », etc. 

Pour toutes ces raisons, je vous demande, Monsieur le Maire, ainsi qu’à toute votre équipe, de bien vouloir annuler votre projet de vente du Parc Municipal à un promoteur privé. 

Dans l’attente d’une sage décision de votre part, je vous prie de croire, Monsieur le Maire, en mes meilleurs sentiments.  

 

Jean-Pierre HOULLEMARE

Maire honoraire